Paris et la France libérée : Nous volons sous la Tour Eiffel

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Tableau de François FLOHIC, aide de camp du général de Gaulle, offert à Pierre SIMONET en 2015, en souvenir de son passage en avion en 1945 sous la Tour Eiffel

« Après le 8 mai 1945, jour de la victoire, notre section rejoint Paris et se pose sur le terrain d’Issy-les-Moulineaux, l’actuel héliport.
C’est la fin d’une année bien remplie, avec des moments forts, des paysages superbes, des aventures étranges, la rencontre avec un milieu passionnant et des hommes d’exception, de solides amitiés, et l’immense réconfort de n’avoir perdu aucun camarade.
Mais pour nous, les rebelles de la première heure, il fallait de nouveau faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire.
Je suggère :
— Et si on passait sous la tour Eiffel ?
Le plan de vol est vite organisé : prendre en rase-mottes l’esplanade du Trocadéro et ses jardins, le pont d’Iéna, passer sous l’immense voûte de fer, survoler le champ de Mars et redresser sur l’École militaire. Il y a de la place à revendre.
Le lendemain, le mois de mai tire à sa fin, le temps est superbe, nos trois Piper Cub enfilent à la suite le grand passage. Il y a peu de monde ; un soldat américain tout étonné nous photographie en vol.

Ce n’était pas un exploit de pilotage. Il y fallait plus de culot que d’adresse. Nous n’avions demandé la permission à aucune Autorité.
L’Armée de l’air, tout comme l’Administration de l’Aviation Civile, voguaient dans l’euphorie de la victoire.
De nos jours, l’aviateur qui s’amuserait à passer sous les jambes de la grande dame DFL_1erRA_Cub-EiffelTowerserait sévèrement admonesté.
Mais c’était une autre époque. Il y a bien longtemps, du temps où les ailes de la Libération survolaient la France ».

Pierre SIMONET, Compagnon de la Libération
Observateur en Piper Cub au 1er R.A. (1er Régiment d’Artillerie de la DFL, Division de la France Libre)